Nouvelle annulation d’un cautionnement de dirigeant de société au CIC pour disproportion par rapport à l’endettement de la caution

Se porter caution pour sa société est un acte fréquent dans la vie d’un dirigeant.

Il intervient souvent dans un contexte de confiance ou d’urgence, avec la volonté de soutenir l’activité.

Lorsque l’entreprise rencontre des difficultés, cet engagement peut toutefois se transformer en un risque patrimonial majeur.

Pour autant, en droit, une signature n’emporte pas automatiquement obligation de payer.

En effet, le cautionnement d’un dirigeant n’est ni irrévocable ni intangible.

Le cas échéant, lors d’une défaillance de l’entreprise, la banque n’a pas toujours le droit de vous réclamer le paiement.

Beaucoup de cautions pensent, à tort, que la réception d’une mise en demeure de la banque marque la fin de toute contestation possible.

Cette approche est erronée.

En effet, de nombreuses cautions dirigeantes ignorent qu’elles peuvent contester utilement leur engagement, notamment lorsqu’il était manifestement disproportionné à leurs revenus et à leur patrimoine au moment de la signature.

A cet égard, un jugement rendu le 3 avril 2026, par le tribunal des affaires économiques de Versailles, en faveur d’une cliente du cabinet Bem, caution dirigeante, constitue une illustration particulièrement significative.

Dans cette affaire, la banque Crédit Industriel et Commercial a été intégralement déboutée de son action en paiement contre cette caution dirigeante.

En l’espèce, le tribunal a retenu que le cautionnement souscrit était manifestement disproportionné au regard de la situation financière de cette dernière.  

Pour mémoire, au jour de la signature du cautionnement, le montant garanti ne doit pas être excessif par rapport :

  • aux revenus,
  • au patrimoine réel,
  • aux charges
  • aux endettements et autres garanties données

Le cas échéant, la banque peut se voir privée du droit de se prévaloir du cautionnement.

Cette décision s’inscrit dans une jurisprudence constante que nous mettons en œuvre dans le cadre de la défense des cautions dirigeantes depuis les années 2010.

Depuis lors, le cabinet d’avocats Anthony Bem a obtenu devant les juridictions civiles et commerciales :

  • l’inopposabilité totale de cautionnements manifestement disproportionnés ;
  • la décharge partielle ou totale de cautions en raison du manquement de la banque à son devoir de mise en garde ;
  • la remise en cause d’engagements souscrits dans des conditions insuffisamment éclairées.

Le jugement rendu le 3 avril 2026 est important car il s’inscrit dans le cadre de l’application de la réforme du droit des sûretés applicable depuis peu de temps.

Après avoir constaté que la caution présentait une situation nette négative et des revenus insuffisants pour assumer l’engagement souscrit, le tribunal a écarté totalement la demande en paiement de la banque en vertu du cautionnement.  

Ce jugement confirme que lorsqu’un cautionnement apparaît manifestement excessif au regard des capacités financières de la caution, il peut être déclaré inopposable, c’est-à-dire nul et de nul effet.

Une analyse juridique approfondie permet ainsi d’examiner la proportion réelle de l’engagement au moment de sa souscription, la régularité de l’acte, les conditions dans lesquelles il a été signé et le respect, par la banque, de ses obligations.

L’enjeu dépasse la simple contestation d’une dette.

Il s’agit aussi souvent de préserver un patrimoine personnel et d’anticiper les conséquences financières.

Le cabinet d’Anthony Bem accompagne les dirigeants, associés et cautions personnelles dans l’analyse et la défense de leurs engagements bancaires.

Chaque dossier fait l’objet d’une étude individualisée, permettant d’identifier les leviers juridiques et de définir une stratégie adaptée, qu’elle soit amiable ou contentieuse.

Un cautionnement apparemment valable peut révéler, après examen, des failles juridiques déterminantes.

Vous êtes dirigeant, ancien dirigeant ou caution d’un prêt professionnel et votre société rencontre des difficultés ou a cessé son activité. Vous avez reçu une mise en demeure ou vous vous interrogez sur la portée de l’engagement que vous avez signé. Une analyse de votre situation permet souvent de déterminer les failles juridiques permettant d’annuler votre ou vos cautionnement/s.